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28 Feb 2018

Assurer la continuité des entreprises de production, regrouper l’offre et les talents par grandes régions.


Priorités 2018 pour la filière horticole en France


Assurer la continuité des entreprises de production, regrouper l’offre et les talents par grandes régions, développer toutes les formes d’innovations possibles… Voici les grands défis qui attendent la filière horticole française.


PrioritesHorticoles_BdfLes signes positifs de reprise se sont multipliés en 2017 à travers toute l’Europe Horticole. La météo favorable du premier semestre a certainement favorisé ce renouveau, mais ce n’est pas la seule raison. La situation économique se stabilise, créant le retour de la confiance qui a toujours été un élément moteur pour notre filière. De plus, les tendances structurelles qui émergent et se renforcent vont favoriser le végétal : aspirations à une vie saine, au bien être chez soi avec un environnement de proximité végétal naturel et préservé.

Les entreprises ont été fortement ébranlées depuis 2008, début des tempêtes financières. En plus, les modèles économiques ont été chamboulés par la croissance numérique et les TIC. Pour celles et ceux qui ont su s'adapter, il faut maintenant dégager les priorités pour le court et moyen terme.

Assurer la continuité des entreprises de production

Tous les pays de l’Europe de l’Ouest sont touchés par la forte diminution du nombre d’entreprises de production. Les premiers à jeter l’éponge ont été les producteurs de fleurs coupées, suivis par les producteurs de plantes fleuries sous serre, et maintenant bon nombre de pépiniéristes ferment leurs exploitations faute de rentabilité, de repreneurs volontaires et faute de main d’œuvre intéressée. Jusqu’à maintenant, la baisse des surfaces de production n’était pas corrélée à la diminution du nombre de producteurs, les fusions entre les entreprises et l’amélioration constante de la productivité par m2 compensaient les fermetures définitives. Mais depuis 2015, les surfaces de production sont aussi en baisse en Europe de l’Ouest et dans tous les segments.

Une transmission d’entreprise demande deux à trois ans de délais entre l’intention de transmettre et la signature d’un protocole d’accord avec un repreneur, et en regardant l’âge moyen des producteurs, actuellement la transmission est un vrai défi autant démographique qu'économique et territorial. Démographique car près de 20 % des dirigeants d’exploitation sont âgés de plus de 60 ans et plus de 60 % des dirigeants ont entre 50 et 55 ans.

C'est une période délicate qui s'ouvre pour l'économie horticole française car ces entreprises ne trouvent pas toujours de repreneurs et, lorsqu'elles en trouvent, ceux-ci peuvent être tentés d'opérer des économies d'échelle en réalisant des fusions ou des modifications radicales, transformant l’entreprise de production en entreprise de négoce. Ce qui a des conséquences encore plus néfastes sur la balance commerciale horticole déjà fortement déficitaire. D’autre part, la difficulté à recruter des compétences et à trouver de la main d’œuvre qualifiée augmente. Comment susciter des vocations horticoles, intéresser les jeunes ? Voilà une question qui appelle une réponse rapide et une plus forte mobilisation.
Favoriser et fluidifier la transmission devient donc un défi économique autant qu'un enjeu déterminant pour la filière. Attirer des jeunes vers nos métiers est l’autre partie de ce défi.

Regrouper les forces et les talents par grandes régions

Dans les nouvelles tendances structurelles qui favorisent le végétal ornemental, le local pour local a toute l’attention des consommateurs et même celle des donneurs d’ordres quand ils trouvent localement une solution conforme à leurs attentes. Il est surprenant de voir que la production horticole française n’est que très peu regroupée, il semblerait qu’il n’y ait que 10 à 12% de l’offre de production française qui soit mutualisée, les entreprises étant restées individualistes pour la grande majorité d’entre elles.

Or, seule une mutualisation TOTALE de l’offre, de bons services de mise en avant de cette offre et des moyens logistiques à l’échelle d’une grande région peuvent répondre aux attentes des nouveaux modèles économiques qui exigent des moyens ultra performants de centralisation et de communication des datas.

Le contexte du moment est très favorable aux arguments de proximité, logistique, climatique, sociale, économique. Encore faut-il pouvoir répondre aux autres exigences telles que largeur et profondeur de gamme, réactivité logistique, innovation en termes de services. Une concertation ouverte et constructive entre obtenteurs, producteurs, distributeurs, détaillants et consommateurs autour de cette logique du local pour local ne peut qu’aller dans le sens d’un vrai développement durable.

Innovation, R&D pour être dans le marché

L’innovation n’est pas qu’innovation végétale, mais aussi et surtout une innovation de services d’accompagnement, innovation marketing, innovation logistique, innovation dans de nouveaux modèles économiques à mettre en place entre l’obtention, la production et la distribution. C’est notre capacité à mutualiser les forces entre ces différents échelons de mise en marché au niveau d’une grande région qui représente une approche globale innovante pour profiter des tendances qui nous sont favorables.

Existe t’il une autre alternative ? Probablement pas si les horticulteurs et pépiniéristes français veulent renverser la tendance pour regagner des parts de marché sur le négoce en provenance de nos principaux voisins du Nord, de l’Est et du Sud.

Brand Wagenaar – Analyste Expert des filières horticoles

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